Plan chlordécone

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Le chlordécone est un insecticide qui a longtemps été utilisé en Guadeloupe et en Martinique pour lutter contre le charançon du bananier. Cette substance très stable a été détectée dans les sols et peut contaminer certaines denrées végétales ou animales, ainsi que les eaux de rivières et de sources.

Cette contamination constitue une préoccupation sanitaire, environnementale, agricole, économique et sociale. Prise en compte dans le Plan national santé environnement* (PNSE*) adopté en 2004, elle a mobilisé l’Etat et ses opérateurs, au sein de plans locaux lancés par les préfets avec l’appui des comités de bassin dès 1999. Le suivi et le renforcement de ces derniers sont assurés en Guadeloupe par le Groupe régional d’étude des pollutions par les produits phytosanitaires (GREPP) et en Martinique par le groupe régional phytosanitaire (GREPHY).

Un plan d’action chlordécone 2008-2010 en Martinique et en Guadeloupe a été décidé par le gouvernement afin de renforcer les actions et mesures concernant cette contamination. Le professeur Didier HOUSSIN, directeur général de la santé, a été chargé de coordonner l’action des services gouvernementaux pour la mise en œuvre de ce plan.

Ce plan d’action a pour objectifs :

d’améliorer la surveillance de l’état de santé de la population ainsi que la connaissance des problèmes cliniques et environnementaux liés au chlordécone ;
de continuer à réduire l’exposition de la population au chlordécone ;
de proposer des mesures d’accompagnement nécessaires en agriculture et d’améliorer la surveillance des sols et produits des jardins familiaux.

Il permettra également à la population antillaise d’accéder à toutes informations utiles dans le domaine des pratiques agricoles ou de la consommation des aliments.

Il comprend quatre volets :

1. Renforcer la connaissance des milieux en développant les cartographies, en équipant les laboratoires d’analyses locaux d’ici 2009 et en poursuivant les études et recherches sur les milieux.

2. Diminuer l’exposition
Les valeurs maximales de résidus de chlordécone fixées par les arrêtés d’octobre 2005, sur la base de l’évaluation de l’Afssa, garantissent la protection de la population consommant les produits disponibles sur le marché.

Le gouvernement a voulu aller plus loin, afin de réduire l’exposition de la population, de restaurer la confiance des consommateurs, et d’engager une politique de qualité de la production alimentaire. Ainsi, un arrêté sera publié d’ici fin juillet 2008 fixant des valeurs de la limite maximale de résidus (LMR) de chlordécone inférieures aux seuils maximums tolérables de contamination des aliments établis par l’Afssa.

en ce qui concerne les denrées végétales :
- 20 µg/kg pour les denrées cultivables sous climat tropical ou tempéré (agrumes, fruits tropicaux, tous les légumes, laitues, maïs, canne à sucre…)
- 10 µg/kg pour certaines denrées spécifiques aux régions de climat tempéré ou susceptibles d’être importés de pays autres que les Antilles (blé, riz, pommes, poires et fruits à noyaux, betterave sucrière…).
concernant les denrées animales, qu’elles soient d’origine terrestre ou aquatique, elles devront respecter une valeur limite de 20 µg/kg.

Les plans de contrôle et de surveillance ont été renforcés dès début 2008, en particulier en ce qui concerne les denrées d’origine animale. Toutes les informations permettant d’assurer les consommateurs de la qualité des denrées mises en marché doivent être présentées sur les lieux de vente.

Un soutien des programmes à destination des jardins familiaux a été prévu afin d’accélérer ces actions de proximité.

Les actions du plan visent également à mieux connaître les effets sur la santé par la poursuite des recherches sur l’impact potentiel du chlordécone notamment en ce qui concerne le cancer de la prostate (étude Karu prostate) et les issues de grossesse (étude Timoun) et par la mise en place ou le renforcement de registres des cancers et des malformations congénitales dans les deux départements. Un comité scientifique piloté par l’InVS et l’Inserm a été mis en place en mars 2008.

3. Assurer une alimentation saine, en développant notamment la traçabilité des produits, et gérer les milieux contaminés tout en soutenant les professionnels concernés par des mesures adaptées comme les aides à la reconversion, aux investissements en cas de transfert de l’exploitation ou de réorientation de la production et aux agriculteurs en difficulté, ou le renforcement des formations.

4. Améliorer la communication, en renforçant notamment le rôle des groupes régionaux GREPP et GREPHY sous le pilotage des préfets, et le pilotage du plan.

Un site internet www.chlordecone-infos.gouv.fr améliorera l’accessibilité à l’information.

Le montant financier consacré à ce plan s’élève à plus de 33 millions d’euros.

En savoir plus :

Plan d’action Chlordecone 2008-2010 en Martinique et en Guadeloupe

Plan National Santé Environnement 2004-2008

Arrêté du 5 octobre 2005 relatif à la teneur maximale en chlordécone que ne doivent pas dépasser certaines denrées d’origine animale pour être reconnues propres à la consommation humaine





 

Glossaire des mots associés à la page

Plan national santé environnement (PNSE)
Plan national santé environnement visant à répondre aux interrogations des Français sur les conséquences sanitaires à court et moyen terme de l'exposition à certaines pollutions de leur environnement.